Moulin Jenny

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Histoire du Moulin Jenny

Moulin JennyMoulin Jenny

La Provence n'est pas la seule région qui peut se targuer d'un moulin célèbre, plus connu d'ailleurs par les "Lettres de mon Moulin (A. Daudet)" et le chant harmonieux des criquets et des cigales dont tout le monde a entendu parler, au moins une fois dans sa vie, ne serait-ce qu'à l'école communale.

Dans la région, le moulin auquel tout le monde fait instinctivement référence, c'est bien entendu le monastère cistercien d'Oelenberg.

Mais l'Alsace possède d'autres moulins également très actifs, notamment dans la région de Colmar, d'Artzenheim et bien sûr dans le Sundgau.

Celui que nous vous proposons de découvrir ou de redécouvrir, est situé à Hésingue, proche de la frontière suisse et son meunier, Monsieur Henri Jenny, un solide jeune homme de 83 printemps, s'en occupe depuis 1939 !

Avant d'aller plus loins, évoquons un peu le cheminement de l'Huttenberg dont les historiens nous révèlent qu'à l'époque du Bronze Final cet endroit est un point de passage important qui permet d'accéder de la plaine du Rhin au Plateau du Sundgau, avant de devenir une bourgade dénommée Hassiga (835) puis Hesingen (1302-1341) et finalement Häsingen, sous l'ère allemande en 1871.

Des ressources diverses (vignes, produits d'élevage) permettent à l'Abbaye de Murbach, seigneurs du lieu, de trouver facilement des vassaux afin de recevoir la localité en fief, notamment les Zu Rhein de Bâle.

Comme toujours, dans les déclarations historiques, il y a différentes versions. Dans l'Encyclopédie de l'Alsace (ouvrage collégial des Editions Publitotal), à la page 3894, la date retenue pour la mention du moulin est 1403. Le document "Brève histoire du Moulin de Hésingue" très complet fait mention par contre d'un acte d'un acte de vente du 28 mars 1379, au profit de Herman zum Angen, signé par Herman dit Berner, bourgeois de Bâle.

Les querelles sans fin engendrent des guerres, c'est bien connu. Le lieu est incendié par les armées qui passent, en 1427, pui détruit par les Armagnacs en 1447. En 1449, le moulin est témoins d'une bataille (6 janvier) qui met fin aux hostilités incessantes entre les nôbles autrichiens du Sundgau et Bâle (Histoire du Sundgau, J. Schmidlin). En 1461 le seul moulin tenu en fief par les Zu Rhein est celuinde Hésingue. Friedrich Zu Rhein décide de vendre le moulin à Hans Müller de Zell (île de Reichenau, près du lac de Constance) le 24 juin 1493. PLus tard les Soleurois prennent le village comme objectif de raid (1499 et en 1538), le vieux Hans Zu Rhein et Sébastien Zu Rhein vendent leur fief. Le moulin sera à nouveau vendu en 1610 à Adolf Goldter par Bartholomée Lohner de Riehen.

Après la Guerre de Trente Ans, qui ne laissera que 46 survivants à Hésingue, l'année 1674 amène Turenne et ses troupes, suivies de celles deu Duc du Luxembourg (1676).

Custine et Ferrières, généraux de la Révolution, décident d'y installer leur base de quartier général et en 1944, la première armée française (9ème Division) venant de Delle et remontant le long de la frontière franco-suisse mène son offensive (20.11.44) en direction du Rhin, travers le village.

Il est difficile de relater dans cet article, non pas par manque d'intéret mais par manque de place, les trupitudes de ce moulin qui a si souvent changé de main et d'affectation. Durant la Grade Guerre et jusqu'à la fin des hostilités il a même servi d'hôpital de campagne pour chevaux.

C'est en 1917 que Benjamin Jenny père (1862-1948), fermier de la Rinderzunge, (ferme disparue, entre Blotzheim et Saint-Louis, aujourd'hui l'aéroport) achète le moulin et ses dépendances et c'est à partir de 1922, que Benjamin Jenny fils (1891-1933) remplace les meules en pierre par deux appareils cylindriques en acier durci.

Comme la technique n'avait pas ou peu de secrets pour lui, en 1930 il remplace les deux roues à eau par une turbine hydraulique. A son décès (1933), Leonie, son épouse gère l'affaire courageusement et en 1946 le premier silo à blé d'une capacité de 4800 quintaux est construit sur le site. Ensuite suivront changements et modernisations :
1947: Agrandissement du moulin, automatisation et travail en continu avec 6 appareils à cylindre notamment.
1950: Constuction d'une cidrerie (jus de pomme)
1960: Construction du bâtiment de stockage 30 x 14 m.
1961/65: Construction de 3 silos à blé. Ces modernisations permettent de stocker un total de 26 000 quintaux. (1 quintal: 100kg)
1973: Construction d'un silo à farine permettant la livraison en vrac par camion-citerne en direction des clients situés dans le Haut-Rhin mais aussi, en moindre quantité dans le Doubs et dans le Territoire voisin.

En plein été, entre mi-juillet et fin août, tous les fermiers du Sundgau et seulement eux, apportent le grain à moudre. Un ballet incessant de tracteurs et de remorques se profile alors le long des chemins et des petites routes du coin jusqu'au moulin de Hésingue qui tourne alors à plein régime.

Si nous regardons un peu en arrière, en 1773 la Haute-Alsace et le Territoire de Belfort qui en faisai partie, recensait 596 moulin, dont 241 produisant de la farine. En 1935 le contingentement des moulins à blé est organisé par le gouvernement français ce qui touche dans le Haut-Rhin 64 moulins. Nous sommes en 2007 et en 2004 il n'y plus que 7 moulins en activité dans le Haut-Rhin, dont 4 dans le Sundgau. Il n'y a déjà plus de laiterie ni d'abattoir en Haute-Alsace...

Il sagit de survie! Il serait utile, voire indispanesable, d'acheter nos farines, semoules, vinaigres de jus de pommes dans ces moulins encore (pour combien de temps?) en activité. Ou alors, se résigner à manger du pain et des produits de type industriel, sans beaucoup de goût ni vraiment moins cher. Pour terminer, M Jenny nous offre cette belle phrase d'Henri Fabre, entomologiste :

"L'Histoire célèbre les champs de batailles sur lesquels la mort nous surprend, mais elle ne parle pas des champs de blé par lesquels nous vivons. Elle connaît le nom des enfants naturels de rois, mais elle est incapable de nous parler de l'origine du blé. - Quel chemin de folie humaine."




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